Ta langue aura beau chercher, elle ne goûtera jamais que des idées — autant dire qu'elle lèchera le vide.
Idées, rêves, représentations : c’est tout l’univers mental de la gauche qui est aujourd’hui anémié et discrédité. Pour des raisons en partie externes, et en partie internes. Durant la guerre froide, le communisme était assez puissant et influent pour pouvoir opposer à la culture capitaliste tout un corpus de valeurs et de références alternatives. On pouvait être fier de soi et des siens sur d’autres bases, qui valaient ce qu’elles valaient, mais qui avaient le mérite d’exister - une fierté de classe. Aujourd’hui, il n’y a plus de système de valeurs et de représentations capable de rivaliser avec le modèle dominant et les idéaux qu’il met en circulation. L’une des tâches les plus urgentes et les plus passionnantes, pour les années à venir, pourrait être de rassembler tous les éléments épars qui permettraient d’en rebâtir un ; un ensemble de références, d’idées, de représentations, qui ne serait pas aussi massif que l’a été le contre-modèle communiste - ce ne serait ni possible, ni souhaitable -, mais simplement vivant, cohérent et crédible.
...et il nous aime tous, il l'a dit à son discours. Devant tant de bonté et de miracles en perspectives, je n'hésite pas à publier ici mon plus beau sonnet :
Oh ! que le ciel est bleu au-dessus de ma tête !
Les oiseaux chantent tous et je saisis ma lyre ;
qu'il est doux de l'entendre et pleurer et puis rire !
(pleurer de joie va s'en dire, sinon c'est bête)
Donc je suis, oh ! vraiment content, le cœur en fête,
mon bonheur est sans borne et mon âme respire
l'odeur des jolies fleurs (hummmm) c'est bon de les sentir !
et puis il fait soleil et j'en oublie mes dettes !
Bien sûr le rossignol accompagne mon chant,
mon chant est vraiment beau, moi je suis un poète,
un poète est gentil, plein de bons sentiments.
Fi des rustres et des malapris qui embêtent
Orphée ! La vie c'est comme un bonbon sucré, rose,
rien que douces saveurs, belles et bonnes choses.
Trêve de billevesées, c'est pas tout d'écrire de super poèmes, il faut que j'aille travailler.
Mais en vérité, en vérité je vous le dis, mes lectrices, mes lecteurs, voyez comme le petit Jésus peut aussi prendre un ton plus révélateur (tel que dans le dernier opus de Jean) :
Et n'hésitez pas à visiter le site de Bruno Candida avant qu'il ne soit trop tard
!
Ajout du vendrenuit 11 mai :
A lire dans les chroniques du Yéti, la victoire des veaux. (article trouvé via Resetparameters)
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