Vendredi 21 décembre 2007

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La houle bien croupée hennissantes ses vagues
c'est le corps de la mer qui se cabre et s'abat
et les flots balancés affrontent les hauts-fonds
ouvrent passage et c'est – ô flottaisons passées -
une nef tourmentée et sous le choc de l'air
l'ancre amarrée encore au ventre de la mer
et belle accompagnée d'un vif bruissement d'ailes

(la déesse elle-même est bruissante au soleil
bras lacés de serpents nue sur son lit de feuilles)

Brève dans sa note mais doucement savoureuse
au bout de la langue
chair fragile au sortir des eaux
vêtue d'écume et toute présente
à l'issue du vivant coquillage
ô nacrée épanouie au sang marin
ruisselante des nuits et des aubes
que filtre la peau rubellante irriguée
des ruisseaux qui veinent le corps matriciel
ma trente-oiselle
tendre chair mêlée de nous
et belle accompagnée d'un vif bruissement d'ailes
ses couleurs déclinées sous la pluie du soleil
les oiseaux envolés sur la courbe de l'arc
qu'elle sache ces vers en allés de mes lèvres
pour chanter

sa naissance
des oiseaux

par Triplex Nomine publié dans : oiseaux
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Dimanche 2 décembre 2007


Une source où plonger les mains
au soleil
les lever ruisselantes d’or
au soleil
fines gouttes mondes épars
au soleil
de l’eau éclatée sur la pierre
au soleil
je tends le fil de l’horizon
de mes mains
un lieu où suspendre des mots
au soleil
suspendre la parole — attendre
au soleil

la naissance
des oiseaux

(17 février 2003)

par Triplex Nomine publié dans : oiseaux
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Dimanche 13 mai 2007

 

Mes mains ne te chercheront pas
sous des vêtements que tu ne portes pas encore
mais seront comme des ailes battant au ciel des rêves qui te baignent
mes mains iront au miel et à ta bouche
et à ma langue qui fait les mots
— et que ces mots soient gouttes de ta pensée
ornements fragiles pour les yeux
désir au vif de la chair en jardin d'eau
de la chair où se nicher en d'obscures transparences
et c'est le monde dans son ventre
plus que cela —

la naissance
des oiseaux

 

par Triplex Nomine publié dans : oiseaux
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Dimanche 29 avril 2007



Poisson d’or et tremblements soudains
le soleil s’éteint dans tes cheveux
son éclat sur ta peau te revient
par la lune changé
                          — du soleil
ne reste qu’une braise à tes seins

ton pied sur les galets à travers
l’eau je le vois clairement vibrer

tes cuisses sont si fraîches Naïade
mais je me consume tout entier
d’un seul effleurement de ta peau

ton pied sur les galets à travers
l’eau et l’eau qui habille ta jambe
d’un vêtement où je peux plonger

Que ne suis-je le vent pour draper
ton corps et emporter ton parfum
m’évanouir en caresses de souffle

renaître brûlant à ton haleine
et couvrir d’air chaud ce que tes lèvres
murmurent en mourant de plaisir

Que ne suis-je le vent dans tes tresses
défaites j’irais m’ensevelir
et m’enfouir au silence bruissant

n’être plus que le mouvement lent
de tes boucles noires n’être plus
que l’ample roulement de tes hanches

chute de tes reins ruissel de l’eau
entre tes doigts et cristaux de sel
dans ta pupille enfin n’être plus
moi
mais cela
et n’être plus que

la naissance
des oiseaux


© Cendrine Rovini. Bijinga au bain.

par Triplex Nomine publié dans : oiseaux
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