oiseaux

Samedi 7 novembre 2009


Jérôme Bosch - Hortus Deliciarium - détail

 

Les flèches dans mes mains

sont comme la brûlure qui me tient

lieu de fièvre et d'émois au cœur du sel dans le sang

Je m'applique à dire son nom

et le feuillage en frémit

j'imagine ses seins la pointe sur ma langue

et des oiseaux me viennent dans la bouche

 

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Mardi 21 juillet 2009


Conception d'Abel, in Histoire du Saint Graal, vers 1280, ms BNF.



Eve et l'arbre de vie, in Queste del saint graal, Angleterre, vers 1275.









D'encre noire sa ramée
contre le ciel du vélin
l'arbre écrit prend lumière
à ces yeux qui lents le lisent
et l'enluminent de pourpre

Et les mots bruissent du souffle
de qui respire leur sens
ils frémissent sous les doigts
au parcours de chaque ligne
chemins d'obscur dans la page
feuille où s'écrit le feuillage

Et c'est presque s'ils entendent
le chant parlé de leurs signes
au chuchotis de ces lèvres
qui savoureuses savourent
la chair sonore de l'arbre
au coeur végétal des lettres

Mes mots aux lèvres d'aimée
palpitants se tendent vifs
jusqu'à l'or blanc de la sève
de l'arbre écrit carminé
et sa langue qui s'attarde
à bien dire chaque mot
me soleille en éclats brefs
et c'est le poème entier
qui alors se fait nid pour

la naissance
des oiseaux


Arbre de Jessé, in Guiard des Moulins, Bible historiale, XVe siècle, ms BNF.

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Mardi 31 mars 2009
Jan Massys (1509 - 1575) : Judith.



Glaives abattus en blanche carnation
détroits ouverts au sang jailli presque noir
Des oiseaux très lents et comme voluptueux
s'échappent des mains détroits ouverts au ciel
Glaives abattus d'orient en occident
blanche carnation en source presque noire
A ton flanc blessé des oiseaux qui s'échappent
à chaque plaie de tes hanches des oiseaux
Saccage à ton flanc à tes hanches navrées
saccage à ta beauté à toute beauté
et à la beauté du monde en toi enclose
Tes yeux ne voient rien du glaive ensoleillé
qui tombe en brève ellipse aux flots de ton sang
ni des fleurs couchées sous ta joue pâlissante

Et ton corps palpitant en lents battements d'ailes
en flambée de douleur en volutes d'oiseaux
te souffle en bulle exquise échappée chatoyante
en légère envolée et comme voluptueuse


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Mercredi 18 mars 2009



Vincentius Bellovacensis, Speculum historiale (traduction Jean de Vignay), France, Paris, XVe siècle. Image BNF


que mueren y renacen en el fuego, lo niego

que son por su esencia inmortales y que su único alimento conocido son las llamas del fuego, lo niego de vista

que son criaturas de Dios y que mueren como todas las demás criaturas, y que su cuerpo y sus plumas se hacen cenizas y polvo, lo afirmo

que entran en las habitaciones de las mujesres en trance de dar a luz para darles aliento y alivio, y que eso ha sucedido muchas veces en Gerasa, Garonia y otros pueblos, lo afirmo de oídas

que hablan como los hombres, y lloran y suspiran como los hombres, lo afirmo

que pueden viajar hasta el sol, haciendo viaje de ida et vuelta en el término de un año, y que del sol traen sabidurías y palabras, lo niego

que tienen nombres igual que las personas, y que muchas veces se llaman unos a otros por sus nombres, lo afirmo de oídas

que gustan más de caminar sobre sus dos pies que de volar por las regiones del aire, lo afirmo por haberlo visto

que aman las flores y en especial las rosas, y que cultivan rosas para su deleite y solaz, lo niego

que se alimentan tan sólo de fruta y de flores, lo niego de vista, y que muchas veces atacan a vacas o caballos, lo afirmo de oídas; que una vez uno de ellos raptó a la mujer de un hacendado y la obligó a convivir como su esposa por espacio de siete años, la cual dio a luz siete huevos, en cada uno de los cuales nacieron cada vez un niño y un pájaro, lo afirmo, aun a pesar de ser contra natura, por hallarse esta historia recogida allí donde sólo verdades y grandezas del mundo se encierran

que muchas jóvenes hablan con los fénix a escondidas de sus madres, y que algunas vuelan en sus lomos como las brujas en sus escobas, lo afirmo por haberlo visto muchas veces

que existe una isla que es la patria de los fénix, y que está en el gran océano, más allá del mar de los Sargazos, cubierta eternamente por las nieblas, afirmo harberlo oído muchas veces

que muchas veces durante las batallas se ven aves fénix volando en el cielo, afirmo haberlo oído muchas veces

según Apolodoro, en los tiempos antiguos, los hombres y los fénix vivían juntos; existía una palabra que significaba al mismo tiempo "hombre" y "ave fénix", y tanto las mujeres de los hombres como las hembras fénix, ponían huevos, de los que nacían cada vez un niño y un pájaro... unos y otros se envidiaban secretamente, los hombres envidiaban las alas de las aves, y los fénix envidiaban las hábiles manos de los hombres, pero esto no enturbiaba la amistad que había entre ambos, gracias a la cual vivían en armonía...



De las propriedades que tienen los buitres llamados en algunos lugares "ave fénix", in Andrés Ibáñez : La música del mundo o el efecto Montoliu (1995)

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Vendredi 21 décembre 2007

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La houle bien croupée hennissantes ses vagues
c'est le corps de la mer qui se cabre et s'abat
et les flots balancés affrontent les hauts-fonds
ouvrent passage et c'est – ô flottaisons passées -
une nef tourmentée et sous le choc de l'air
l'ancre amarrée encore au ventre de la mer
et belle accompagnée d'un vif bruissement d'ailes

(la déesse elle-même est bruissante au soleil
bras lacés de serpents nue sur son lit de feuilles)

Brève dans sa note mais doucement savoureuse
au bout de la langue
chair fragile au sortir des eaux
vêtue d'écume et toute présente
à l'issue du vivant coquillage
ô nacrée épanouie au sang marin
ruisselante des nuits et des aubes
que filtre la peau rubellante irriguée
des ruisseaux qui veinent le corps matriciel
ma trente-oiselle
tendre chair mêlée de nous
et belle accompagnée d'un vif bruissement d'ailes
ses couleurs déclinées sous la pluie du soleil
les oiseaux envolés sur la courbe de l'arc
qu'elle sache ces vers en allés de mes lèvres
pour chanter

sa naissance
des oiseaux

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Dimanche 2 décembre 2007


Une source où plonger les mains
au soleil
les lever ruisselantes d’or
au soleil
fines gouttes mondes épars
au soleil
de l’eau éclatée sur la pierre
au soleil
je tends le fil de l’horizon
de mes mains
un lieu où suspendre des mots
au soleil
suspendre la parole — attendre
au soleil

la naissance
des oiseaux

(17 février 2003)

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Dimanche 13 mai 2007

 

Mes mains ne te chercheront pas
sous des vêtements que tu ne portes pas encore
mais seront comme des ailes battant au ciel des rêves qui te baignent
mes mains iront au miel et à ta bouche
et à ma langue qui fait les mots
— et que ces mots soient gouttes de ta pensée
ornements fragiles pour les yeux
désir au vif de la chair en jardin d'eau
de la chair où se nicher en d'obscures transparences
et c'est le monde dans son ventre
plus que cela —

la naissance
des oiseaux

 

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Dimanche 29 avril 2007



Poisson d’or et tremblements soudains
le soleil s’éteint dans tes cheveux
son éclat sur ta peau te revient
par la lune changé
                          — du soleil
ne reste qu’une braise à tes seins

ton pied sur les galets à travers
l’eau je le vois clairement vibrer

tes cuisses sont si fraîches Naïade
mais je me consume tout entier
d’un seul effleurement de ta peau

ton pied sur les galets à travers
l’eau et l’eau qui habille ta jambe
d’un vêtement où je peux plonger

Que ne suis-je le vent pour draper
ton corps et emporter ton parfum
m’évanouir en caresses de souffle

renaître brûlant à ton haleine
et couvrir d’air chaud ce que tes lèvres
murmurent en mourant de plaisir

Que ne suis-je le vent dans tes tresses
défaites j’irais m’ensevelir
et m’enfouir au silence bruissant

n’être plus que le mouvement lent
de tes boucles noires n’être plus
que l’ample roulement de tes hanches

chute de tes reins ruissel de l’eau
entre tes doigts et cristaux de sel
dans ta pupille enfin n’être plus
moi
mais cela
et n’être plus que

la naissance
des oiseaux


© Cendrine Rovini. Bijinga au bain.

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