Dimanche 30 septembre 2007
Je me prête au jeu de la fureur
et les marges sont épuisées qui permettaient
aux hommes de secrètement manier le feu désormais
la vie succombe à mes caresses
désormais nous sommes mélangés
comme les dieux qui se confondent
— ô ma pensée voluptueusement noyée dans les objets !
par Triplex Nomine
publié dans :
nuits
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Le corps de la nuit s'offre à ma vue, encadré par mes fenêtres, et si j'ouvre les battants de verre c'est l'assaut du grand
froid, et si je me penche à ma fenêtre je vois ceci : l'auréole qui flamboie glacée autour de la Diane céleste et qui onde le fil d'un nuage. En d’autres temps et d’autres lieux, une ode serait
venue, qasidâ déployée pour la Nuit par un Fou, et le nasîb rendrait hommage aux ruines, au campement déserté, au voyage toujours recommencé vers Elle. Mais il est vrai que je ne suis pas
seulement nomade des terres de l'esprit. Ma demeure est dans le sang qui tourne au cycle des diastoles et des sistoles. Ma demeure est dans son mouvement.
Dans ces heures déliées où j'attends, je l'imagine traversée d’absence et le regard porté hors de sa maisnie. Et je suis nef en
souffrance (comme lettre), allant son erre sans savoir où, peut-être vers le pli de l'horizon. Dans l’attente, je pose des embuscades aux mots pour les saisir au plus vif de leur course
imprévisible. Quand ils sont empiégés dans mes flacons d’encre, j’en abreuve mes plumes. Ainsi de ce mot captif : aiguade, qui me dicte cette image
Corps levé de la lune
qui s’en va vers son plein.
Impatient de la voir
décroître de moitié :
promesse de rivage !
Car tel est le comput
du marin éperdu —
à mi-chemin d’éclat
célébration des corps.
Lors sera temps de faire
une nouvelle aiguade.
par Triplex Nomine
publié dans :
nuits
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