Scève en sa Délie convoque Séléné —
Toute Diane et toute Hécate elle déploie
en prodiges de clarté forêts sans nom
épaisseur du silence au gîte des songes
et grâce safranée dans l’éclat des nuits
Sa ronde est prévisible et le rythme constant
inaltérable son cycle en noria d’ombres
et de reflets irréfragable sa course
et le désir qu’elle attise en vagues blanches
mais dans sa lueur le mystère est opaque
Je dénombre tes noms au regard de mes rêves
tu démontes les flots d’un seul mot de tes lèvres
je guerroie en amour dans l’espoir d’une trêve
tu louvoies sans émoi attendant que je crève
je pourfends l’illusion d’une fable de glaives
Ton attrait est sali tes eaux chargées de fièvres
noires sont les marées que ta rage soulève
lointaine trop lointaine et ma prière est brève
fugace litanie pour l’astre qui endêve
qui féconde et grandit qui décroît et qui sèvre
Mais que toute chair succombe à ton frémir d’opale
ou que chatoie sans raison une source d’eau morte
et gémisse mon sang même absente tu es là
car la déesse est sans poids mais sa charge infinie
désir sans fond vrille élan brille élan désir sans
désir ô toute perdue infime et quasi nulle
bascule vers l’outrepas toute écume et tout sel
vierge en tes atermoiements femme dans ta brûlure
et dans l’incise de chaque étoile tes racines
— et dans l’incise de chaque étoile tes racines
image provenant de theoi.com : Hesperos & Séléné. Attribué à Pronomos (vers 425 - 375 av. jc.)
Verras-tu dans le chant le lieu où nous sommes, mon enfant, et veux-tu le connaître ?
Nous voilà dans le futur désert — dis-moi la série du nombre un
Pas de série pour le nombre un ; l’œuf se fendille et se prépare à
la naissance
des oiseaux
Verras-tu dans le chant le lieu où nous sommes, mon enfant, et veux-tu le connaître ?
Nous voilà dans les herbes — dis-moi la série du nombre deux
Deux corps qui s’aiment ; une fleur ciselée à menus coups de langue,
une mer où naufrager mes lèvres mais
Pas de série pour le nombre un ; l’œuf se fendille et se prépare à
la naissance
des oiseaux
Verras-tu dans le chant le lieu où nous sommes, mon enfant, et veux-tu le connaître ?
Nous voilà dans la lumière — dis-moi la série du nombre trois
Trois noms pour le dieu des lyres et des mots
trois mots pour dire son regard son souffle et sa parole
qui me dévêt me fléchit et me nomme
Deux corps qui s’aiment ; une fleur ciselée à menus coups de langue,
une mer où naufrager mes lèvres mais
Pas de série pour le nombre un ; l’œuf se fendille et se prépare à
la naissance
des oiseaux
Verras-tu dans le chant le lieu où nous sommes, mon enfant, et veux-tu le connaître ?
Nous voilà dans les pierres— dis-moi la série du nombre quatre
Quatre sentiers écartelés en croix
et le règne du sang d'orient en occident
au nord : la voici errante et nue en nef effarée
sur la transparence inquiète des vagues
et au sud : les quatre murs de ma demeure
Trois noms pour le dieu des lyres et des mots
trois mots pour dire son regard son souffle et sa parole
qui me dévêt me fléchit et me nomme
Deux corps qui s’aiment ; une fleur ciselée à menus coups de langue,
une mer où naufrager mes lèvres mais
Pas de série pour le nombre un ; l’œuf se fendille et se prépare à
la naissance
des oiseaux
Verras-tu dans le chant le lieu où nous sommes, mon enfant, et veux-tu le connaître ?
Nous voilà dans le sanglier — dis-moi la série du nombre cinq
Cinq propriétés du désir
en appel
en étreinte
en poussée de chair
en percée
en poussée de lait
— et enceint dans le ventre du vent
un jardin d’eaux vivantes
Quatre sentiers écartelés en croix
et le règne du sang d'orient en occident
au nord : la voici errante et nue en nef effarée
sur la transparence inquiète des vagues
et au sud : les quatre murs de ma demeure
Trois noms pour le dieu des lyres et des mots
trois mots pour dire son regard son souffle et sa parole
qui me dévêt me fléchit et me nomme
Deux corps qui s’aiment ; une fleur ciselée à menus coups de langue,
une mer où naufrager mes lèvres mais
Pas de série pour le nombre un ; l’œuf se fendille et se prépare à
la naissance
des oiseaux
Verras-tu dans le chant le lieu où nous sommes, mon enfant, et veux-tu le connaître ?
Nous voilà dans le puits — dis-moi la série du nombre six
Six c’est le nombre qu’elle aime
et je nombre enfin cette série
de ce nombre rouge et bleu
ventre ouranien
de Terre et Ciel qui s’inversent qui se joignent
mais ne se confondent pas
Cinq propriétés du désir
en appel
en étreinte
en poussée de chair
en percée
en poussée de lait
— et enceint dans le ventre du vent
un jardin d’eaux vivantes
Quatre sentiers écartelés en croix
et le règne du sang d'orient en occident
au nord : la voici errante et nue en nef effarée
sur la transparence inquiète des vagues
et au sud : les quatre murs de ma demeure
Trois noms pour le dieu des lyres et des mots
trois mots pour dire son regard son souffle et sa parole
qui me dévêt me fléchit et me nomme
Deux corps qui s’aiment ; une fleur ciselée à menus coups de langue,
une mer où naufrager mes lèvres mais
Pas de série pour le nombre un ; l’œuf se fendille et se prépare à
la naissance
des oiseaux
Verras-tu dans le chant le lieu où nous sommes, mon enfant, et veux-tu le connaître ?
Nous voilà dans la sève - dis moi la série du nombre sept
Sept douleurs et sept joies
l’âge nous rend le rire sans raison
et le pleur de l’abandon nous reprend
enfantelets de la première pluie
vieilles mains veinées de peines
nous sommes cèdre à tout jamais
tissés de rides à l’entour de nos sourires
nous sommes nuit pour vos regards à tout jamais vaguants
Six c’est le nombre qu’elle aime
et je nombre enfin cette série
de ce nombre rouge et bleu
ventre ouranien
de Terre et Ciel qui s’inversent qui se joignent
mais ne se confondent pas
Cinq propriétés du désir
en appel
en étreinte
en poussée de chair
en percée
en poussée de lait
— et enceint dans le ventre du vent
un jardin d’eaux vivantes
Quatre sentiers écartelés en croix
et le règne du sang d'orient en occident
au nord : la voici errante et nue en nef effarée
sur la transparence inquiète des vagues
et au sud : les quatre murs de ma demeure
Trois noms pour le dieu des lyres et des mots
trois mots pour dire son regard son souffle et sa parole
qui me dévêt me fléchit et me nomme
Deux corps qui s’aiment ; une fleur ciselée à menus coups de langue,
une mer où naufrager mes lèvres mais
Pas de série pour le nombre un ; l’œuf se fendille et se prépare à
la naissance
des oiseaux
Verras-tu dans le chant le lieu où nous sommes, mon enfant, et veux-tu le connaître ?
Nous voilà dans la fleur — dis-moi la série du nombre huit
Huit principes en tout, moitié pour la femelle et moitié pour le mâle
le mâle et dans sa veine fertile la Lune fondue
la femelle et dans sa nuit incarnadine un Soleil rythmé de Lune
le mâle au vertige des cuisses
la femelle au sacre de son lait
le mâle au sacre de son lait
la femelle au sommeil brûlant — ses paroles sont des dieux
le mâle les cristaux de gingembre
la femelle les spirales de cannelle
Sept douleurs et sept joies
l’âge nous rend le rire sans raison
et le pleur de l’abandon nous reprend
enfantelets de la première pluie
vieilles mains veinées de peines
nous sommes cèdre à tout jamais
tissés de rides à l’entour de nos sourires
nous sommes nuit pour vos regards à tout jamais vaguants
Six c’est le nombre qu’elle aime
et je nombre enfin cette série
de ce nombre rouge et bleu
ventre ouranien
de Terre et Ciel qui s’inversent qui se joignent
mais ne se confondent pas
Cinq propriétés du désir
en appel
en étreinte
en poussée de chair
en percée
en poussée de lait
— et enceint dans le ventre du vent
un jardin d’eaux vivantes
Quatre sentiers écartelés en croix
et le règne du sang d'orient en occident
au nord : la voici errante et nue en nef effarée
sur la transparence inquiète des vagues
et au sud : les quatre murs de ma demeure
Trois noms pour le dieu des lyres et des mots
trois mots pour dire son regard son souffle et sa parole
qui me dévêt me fléchit et me nomme
Deux corps qui s’aiment ; une fleur ciselée à menus coups de langue,
une mer où naufrager mes lèvres mais
Pas de série pour le nombre un ; l’œuf se fendille et se prépare à
la naissance
des oiseaux
Verras-tu dans le chant le lieu où nous sommes, mon enfant, et veux-tu le connaître ?
Nous voilà dans la neige — dis-moi la série du nombre neuf
Neuf Muses tourmentées de nuit, délectables sous la neige dansante
Lune et lourde neige
elles creusent des mots
ô leurs doigts qui sillonnent la chair tendre de Terre faite neige
neufs mots creusés dans la blancheur
Je viens à toi aux Saisons de la Chambre
Huit principes en tout, moitié pour la femelle et moitié pour le mâle
le mâle et dans sa veine fertile la Lune fondue
la femelle et dans sa nuit incarnadine un Soleil rythmé de Lune
le mâle au vertige des cuisses
la femelle au sacre de son lait
le mâle au sacre de son lait
la femelle au sommeil brûlant — ses paroles sont des dieux
le mâle les cristaux de gingembre
la femelle les spirales de cannelle
Sept douleurs et sept joies
l’âge nous rend le rire sans raison
et le pleur de l’abandon nous reprend
enfantelets de la première pluie
vieilles mains veinées de peines
nous sommes cèdre à tout jamais
tissés de rides à l’entour de nos sourires
nous sommes nuit pour vos regards à tout jamais vaguants
Six c’est le nombre qu’elle aime
et je nombre enfin cette série
de ce nombre rouge et bleu
ventre ouranien
de Terre et Ciel qui s’inversent qui se joignent
mais ne se confondent pas
Cinq propriétés du désir
en appel
en étreinte
en poussée de chair
en percée
en poussée de lait
— et enceint dans le ventre du vent
un jardin d’eaux vivantes
Quatre sentiers écartelés en croix
et le règne du sang d'orient en occident
au nord : la voici errante et nue en nef effarée
sur la transparence inquiète des vagues
et au sud : les quatre murs de ma demeure
Trois noms pour le dieu des lyres et des mots
trois mots pour dire son regard son souffle et sa parole
qui me dévêt me fléchit et me nomme
Deux corps qui s’aiment ; une fleur ciselée à menus coups de langue,
une mer où naufrager mes lèvres mais
Pas de série pour le nombre un ; l’œuf se fendille et se prépare à
la naissance
des oiseaux
Verras-tu dans le chant le lieu où nous sommes, mon enfant, et veux-tu le connaître ?
Nous voilà dans la nuit — dis-moi la série du nombre dix
Dix lames plongées dans le corps de la nuit
alumelle coutille alfange badelaire
flamberge pommée spathe et damas palache et carrelet
et autant de femmes
ivres lunes meurtries aux joutes solaires
c’est Mémoire et ses filles
Neuf Muses tourmentées de nuit, délectables sous la neige dansante
Lune et lourde neige
elles creusent des mots
ô leurs doigts qui sillonnent la chair tendre de Terre faite neige
neufs mots creusés dans la blancheur
Je viens à toi aux Saisons de la Chambre
Huit principes en tout, moitié pour la femelle et moitié pour le mâle
le mâle et dans sa veine fertile la Lune fondue
la femelle et dans sa nuit incarnadine un Soleil rythmé de Lune
le mâle au vertige des cuisses
la femelle au sacre de son lait
le mâle au sacre de son lait
la femelle au sommeil brûlant — ses paroles sont des dieux
le mâle les cristaux de gingembre
la femelle les spirales de cannelle
Sept douleurs et sept joies
l’âge nous rend le rire sans raison
et le pleur de l’abandon nous reprend
enfantelets de la première pluie
vieilles mains veinées de peines
nous sommes cèdre à tout jamais
tissés de rides à l’entour de nos sourires
nous sommes nuit pour vos regards à tout jamais vaguants
Six c’est le nombre qu’elle aime
et je nombre enfin cette série
de ce nombre rouge et bleu
ventre ouranien
de Terre et Ciel qui s’inversent qui se joignent
mais ne se confondent pas
Cinq propriétés du désir
en appel
en étreinte
en poussée de chair
en percée
en poussée de lait
— et enceint dans le ventre du vent
un jardin d’eaux vivantes
Quatre sentiers écartelés en croix
et le règne du sang d'orient en occident
au nord : la voici errante et nue en nef effarée
sur la transparence inquiète des vagues
et au sud : les quatre murs de ma demeure
Trois noms pour le dieu des lyres et des mots
trois mots pour dire son regard son souffle et sa parole
qui me dévêt me fléchit et me nomme
Deux corps qui s’aiment ; une fleur ciselée à menus coups de langue,
une mer où naufrager mes lèvres mais
Pas de série pour le nombre un ; l’œuf se fendille et se prépare à
la naissance
des oiseaux
Verras-tu dans le chant le lieu où nous sommes, mon enfant, et veux-tu le connaître ?
Nous voilà dans les pluies — dis-moi la série du nombre onze
Onze liqueurs dont le sang qui s’échappe des blessés d’amour
corps fléchés d’Eros plaies vibrantes d’abeilles
au chant de la blessure ils fondent des temples
et leur cœur se fend au chant de la blessure
d’une révérence à la nuit
Onze ivresses dont la mienne
Dix lames plongées dans le corps de la nuit
alumelle coutille alfange badelaire
flamberge pommée spathe et damas palache et carrelet
et autant de femmes
ivres lunes meurtries aux joutes solaires
c’est Mémoire et ses filles
Neuf Muses tourmentées de nuit, délectables sous la neige dansante
Lune et lourde neige
elles creusent des mots
ô leurs doigts qui sillonnent la chair tendre de Terre faite neige
neufs mots creusés dans la blancheur
Je viens à toi aux Saisons de la Chambre
Huit principes en tout, moitié pour la femelle et moitié pour le mâle
le mâle et dans sa veine fertile la Lune fondue
la femelle et dans sa nuit incarnadine un Soleil rythmé de Lune
le mâle au vertige des cuisses
la femelle au sacre de son lait
le mâle au sacre de son lait
la femelle au sommeil brûlant ses paroles sont des dieux
le mâle les cristaux de gingembre
la femelle les spirales de cannelle
Sept douleurs et sept joies
l’âge nous rend le rire sans raison
et le pleur de l’abandon nous reprend
enfantelets de la première pluie
vieilles mains veinées de peines
nous sommes cèdre à tout jamais
tissés de rides à l’entour de nos sourires
nous sommes nuit pour vos regards à tout jamais vaguants
Six c’est le nombre qu’elle aime
et je nombre enfin cette série
de ce nombre rouge et bleu
ventre ouranien
de Terre et Ciel qui s’inversent qui se joignent
mais ne se confondent pas
Cinq propriétés du désir
en appel
en étreinte
en poussée de chair
en percée
en poussée de lait
— et enceint dans le ventre du vent
un jardin d’eaux vivantes
Quatre sentiers écartelés en croix
et le règne du sang d'orient en occident
au nord : la voici errante et nue en nef effarée
sur la transparence inquiète des vagues
et au sud : les quatre murs de ma demeure
Trois noms pour le dieu des lyres et des mots
trois mots pour dire son regard son souffle et sa parole
qui me dévêt me fléchit et me nomme
Deux corps qui s’aiment ; une fleur ciselée à menus coups de langue,
une mer où naufrager mes lèvres mais
Pas de série pour le nombre un ; l’œuf se fendille et se prépare à
la naissance
des oiseaux
Verras-tu dans le chant le lieu où nous sommes, mon enfant, et veux-tu le connaître ?
Nous voilà dans les arbres — dis-moi la série du nombre douze
Douze nefs au cercle des eaux, les mâts sont des arbres d’automne
douze nefs le vent dans leur feuillage
douze nefs que martèlent les vagues
et chacune sa figure de proue qui nage, affronte, mugit, s’enlace ou arrache, rugit, s’effarouche, mesure, tire ou frappe, escalade — ou verse
Onze liqueurs dont le sang qui s’échappe des blessés d’amour
corps fléchés d’Eros plaies vibrantes d’abeilles
au chant de la blessure ils fondent des temples
et leur cœur se fend au chant de la blessure
d’une révérence à la nuit
Onze ivresses dont la mienne
Dix lames plongées dans le corps de la nuit
alumelle coutille alfange badelaire
flamberge pommée spathe et damas palache et carrelet
et autant de femmes
ivres lunes meurtries aux joutes solaires
c’est Mémoire et ses filles
Neuf Muses tourmentées de nuit, délectables sous la neige dansante
Lune et lourde neige
elles creusent des mots
ô leurs doigts qui sillonnent la chair tendre de Terre faite neige
neufs mots creusés dans la blancheur
Je viens à toi aux Saisons de la Chambre
Huit principes en tout, moitié pour la femelle et moitié pour le mâle
le mâle et dans sa veine fertile la Lune fondue
la femelle et dans sa nuit incarnadine un Soleil rythmé de Lune
le mâle au vertige des cuisses
la femelle au sacre de son lait
le mâle au sacre de son lait
la femelle au sommeil brûlant ses paroles sont des dieux
le mâle les cristaux de gingembre
la femelle les spirales de cannelle
Sept douleurs et sept joies
l’âge nous rend le rire sans raison
et le pleur de l’abandon nous reprend
enfantelets de la première pluie
vieilles mains veinées de peines
nous sommes cèdre à tout jamais
tissés de rides à l’entour de nos sourires
nous sommes nuit pour vos regards à tout jamais vaguants
Six c’est le nombre qu’elle aime
et je nombre enfin cette série
de ce nombre rouge et bleu
ventre ouranien
de Terre et Ciel qui s’inversent qui se joignent
mais ne se confondent pas
Cinq propriétés du désir
en appel
en étreinte
en poussée de chair
en percée
en poussée de lait
— et enceint dans le ventre du vent
un jardin d’eaux vivantes
Quatre sentiers écartelés en croix
et le règne du sang d'orient en occident
au nord : la voici errante et nue en nef effarée
sur la transparence inquiète des vagues
et au sud : les quatre murs de ma demeure
Trois noms pour le dieu des lyres et des mots
trois mots pour dire son regard son souffle et sa parole
qui me dévêt me fléchit et me nomme
Deux corps qui s’aiment ; une fleur ciselée à menus coups de langue,
une mer où naufrager mes lèvres mais
Pas de série pour le nombre un ; l’œuf se fendille et se prépare à
la naissance
des oiseaux
Verras-tu dans le chant le lieu où nous sommes, mon enfant, et veux-tu le connaître ?
Nous voilà dans les lunes — dis-moi la série du nombre treize
Treize lunes pour naître et autant pour mourir,
sacrifier la raison à la table des songes
— et la rendre subtile, et la rendre à son rêve
(qui est rêve de terre au roulis des tambours et la terre est fendue son désir est pressant en appel de la mer en appel de la mer qui s’immisce partout dans ses failles ses creux ô la couvrir toute
en envie d’aimer furieuse rattraper deux mille ans et plus de désamour)
et la rendre à son rêve qui est de chaux vive ou de flots gémissants
treize lunes mais aussi
Douze nefs au cercle des eaux, les mâts sont des arbres d’automne
douze nefs le vent dans leur feuillage
douze nefs que martèlent les vagues
et chacune sa figure de proue qui nage, affronte, mugit, s’enlace ou arrache, rugit, s’effarouche, mesure, tire ou frappe, escalade — ou verse
Onze liqueurs dont le sang qui s’échappe des blessés d’amour
corps fléchés d’Eros plaies vibrantes d’abeilles
au chant de la blessure ils fondent des temples
et leur cœur se fend au chant de la blessure
d’une révérence à la nuit
Onze ivresses dont la mienne
Dix lames plongées dans le corps de la nuit
alumelle coutille alfange badelaire
flamberge pommée spathe et damas palache et carrelet
et autant de femmes
ivres lunes meurtries aux joutes solaires
c’est Mémoire et ses filles
Neuf Muses tourmentées de nuit, délectables sous la neige dansante
Lune et lourde neige
elles creusent des mots
ô leurs doigts qui sillonnent la chair tendre de Terre faite neige
neufs mots creusés dans la blancheur
Je viens à toi aux Saisons de la Chambre
Huit principes en tout, moitié pour la femelle et moitié pour le mâle
le mâle et dans sa veine fertile la Lune fondue
la femelle et dans sa nuit incarnadine un Soleil rythmé de Lune
le mâle au vertige des cuisses
la femelle au sacre de son lait
le mâle au sacre de son lait
la femelle au sommeil brûlant ses paroles sont des dieux
le mâle les cristaux de gingembre
la femelle les spirales de cannelle
Sept douleurs et sept joies
l’âge nous rend le rire sans raison
et le pleur de l’abandon nous reprend
enfantelets de la première pluie
vieilles mains veinées de peines
nous sommes cèdre à tout jamais
tissés de rides à l’entour de nos sourires
nous sommes nuit pour vos regards à tout jamais vaguants
Six c’est le nombre qu’elle aime
et je nombre enfin cette série
de ce nombre rouge et bleu
ventre ouranien
de Terre et Ciel qui s’inversent qui se joignent
mais ne se confondent pas
Cinq propriétés du désir
en appel
en étreinte
en poussée de chair
en percée
en poussée de lait
— et enceint dans le ventre du vent
un jardin d’eaux vivantes
Quatre sentiers écartelés en croix
et le règne du sang d'orient en occident
au nord : la voici errante et nue en nef effarée
sur la transparence inquiète des vagues
et au sud : les quatre murs de ma demeure
Trois noms pour le dieu des lyres et des mots
trois mots pour dire son regard son souffle et sa parole
qui me dévêt me fléchit et me nomme
Deux corps qui s’aiment ; une fleur ciselée à menus coups de langue,
une mer où naufrager mes lèvres mais
Pas de série pour le nombre un ; l’œuf se fendille et se prépare à
la naissance
des oiseaux
image provenant de
theoi.com : Hyacinthe chevauchant un cygne. Attribué à Apollodorus (vers 525 - 475 av jc)
Commentaires Récents