Nous la voyons blanche venir
les lumières sont versées tièdes
dans nos yeux éblouis d’aède
nous la voyons belle hétaïre
qui défait sa robe légère
et qui nous serine sereine
ses airs en noire cantilène
et défait sa robe d’amers
Nous la voyons douce promise
et ses yeux finement larmés
de perles d’eau sont une arme et
nous voulons blessure et incise
dans notre corps partout dans l’âme
ses yeux dardant les pointes frêles
du désir inquiet (puisse-t-elle
son doigt en guise de calame
dessiner des ronds sur ma peau
ou me griffer des demi-lunes
et puis noyer mon infortune
au plus profond des males eaux)
Nous la voyons jeune effrayée
qui se ploie comme la ramée
oh ses courbes sont d’une almée
et la robe glisse à ses pieds
Nous la voyons blanche venir
les lumières sont versées tièdes
dans nos yeux éblouis d’aède
nous la voyons belle hétaïre
la Mort et son couteau d’argent
Lune blessée d’amour venue
couper ce fil de vie ténue
vive veine de notre sang.
par Triplex Nomine
publié dans :
nuits
5
Commentaires Récents